Histoire de la commune

  • Les origines de Brassac
    Les terrains de l’ère secondaire occupent une grande partie du département de la Dordogne. La commune de Grand Brassac se situe sur ces affleurements qui constituaient des fonds marins de la période appelée «crétacé», il y a 60 à 100 millions d’années.
    De nombreux fossiles rappellent cette période géologique.
    Au sein d’une des couches sédimentaires, mêlé au calcaire, abonde le précieux silex, matériaux recherché par les hommes préhistoriques.
    Les abris sous roches, les grottes, résultats de l’érosion, ont facilité l’implantation et retenu pendant de longues périodes nos lointains ancêtres.
    Sur la commune, de petits sites de plein air peuvent être attribués au passage d’hommes appelés « moustériens » et cela, il y a environ 30 à 60 000 ans : La Reyssetie, Truffières, Candulou.
    La grotte de Rocherel, gisement magdalénien et azilien (10 à 20 000 ans) était riche en pierres taillées et os gravés. Là, grâce aux fouilles du Dr Jude, pratiquées aux environs de 1930, plusieurs squelettes humains furent exhumés ainsi que celui d’un chien (rare).
    A la fin des périodes glacières, il y a 10 000 ans, l’homme change sa façon de vivre. De cueilleur et chasseur, il va devenir avec la sédentarisation, cultivateur et éleveur. Ses outils sont de plus en plus spécialisés, il construit des villages, nous sommes au néolithique.
    Avec l’arrivée des métaux prend fin la période préhistorique. Cuivre, bronze puis fer, marquent le début d’une nouvelle ère.
    Toutefois de nombreux cluzeaux serviront encore et cela jusqu’au Moyen Age, d’habitation ou de refuge selon les troubles locaux.
    Est ce là, l’avènement des Brassacois …………
    R.Ventenat

 

  • Les origines du nom du village de Grand-Brassac
    Le territoire de Grand-Brassac était habité à partir de l’époque magdalénienne. « …. » La grande église fortifiée à coupoles fut édifiée au milieu du XIIème siècle, avant la première attestation du nom du village.
    Il apparaît au XIIIème siècle sous la forme latinisée Brassacum ; on relève ensuite Brassac en 1382, qui devient Brassac dit le Grand-Brassac sans doute au XVIIIème siècle, par opposition au Petit-Brassac (village de Petit-Bersac aujourd’hui).
    En effet, Petit-Bersac s’appelait Bersacum en 1380, puis Brassac au début du XVIIème siècle (1625 sur la cloche de l’église). On peut supposer, après le passage de er en re, qu’il y a eu un rapprochement avec Brassac, ce qui explique au XVIIIème siècle le nouveau nom de Petit-Brassac pour le distinguer de Grand-Brassac plus à l’est. Petit-Brassac est devenu au XIXème siècle Petit-Bersat puis Petit-Bersac.

    Le père Carles signale à la fin du XIXème siècle que l’église est appelée Le Grand-Brassac. Brassac continue un nom de personne d’origine gauloise suivi de acum, Bicarius.
    Extraits du « Dictionnaire des noms de lieux en Périgord »
    Ed Fanlac, 1994, Chantal Tanet et Tristan Hordé

 

  • Eglise Saint Pierre & Saint Paul de Grand-Brassac
    Par M. Le Marquis de Fayolle
    Congrès Archéologique de France 90e session Périgueux 1927
    Sté Française d’archéologie Paris 1928Les églises de Grand-Brassac, de Vieux-Mareuil, de Saint-Martial-de-Viveyrol, de Cherval, de Saint Méard, de Paussac, etc. constituent dans la vallée de la Dronne, sur la route du Périgord à l’Angoumois, un des groupes les plus caractéristiques de l’école périgourdine. Leurs nefs couvertes de séries de deux, trois et quatre coupoles, leur décoration sculptée presque nulle, leurs hautes murailles à contreforts plats, généralement crénelées et percées de rares ouvertures semblables à des meurtrières, leur donnent l’aspect de donjons que confirme leur plan presque toujours rectangulaire.
    L’établissement d’une route en 1853 avait compromis la solidité de l’édifice, en déchaussant de prés de deux mètres les façades nord et ouest établies sur un terrain en pente. Classé en 1886 comme monument historique, il a été à ce moment l’objet d’une consolidation et d’une restauration exécutées par M. l’architecte des monuments historiques Rapine et son adjoint M. Dannery, avec une sobriété et un scrupuleux respect de toutes ses parties qui lui ont rendu, avec la solidité, ses proportions primitives. Le talus qui existait jadis, a été remplacé par d’épais massifs en maçonnerie.
    Le peu de largeur de la nef, relativement à la hauteur des coupoles et de leurs supports, lui donne un caractère élancé propre au style gothique et que l’on retrouve rarement dans nos églises périgourdines.
    Ce long rectangle, dont les divisions intérieures accusent les différentes époques de la construction, se compose d’une nef de trois travées couvertes par des coupoles sur pendentifs et d’un choeur rectangulaire voûté en berceau.
    Le choeur est visiblement d’une époque postérieure au reste de l’église. Des documents nous apprennent « que les protestants avaient rompu le choeur de l’église qui était autrefois un cul-de-four, et montés sur les voûtes qui étaient jadis le refuge de la population, avaient mis le feu à la charpente qui fut réduite en cendres » Antoine de Montagrier, seigneur de Marouate, fit reconstruire le choeur de l’église ruiné par les religionnaires et plaça au chevet ses armes (une croix pattée). Une poutre de la charpente porte, profondément gravée, la date de cette restauration, 1599. L’écusson et les premières assises de l’abside circulaire, sur laquelle Antoine de Montagrier fit élever le chevet droit du choeur qu’il releva, et qu’il fit voûter en berceau, se voient à l’extérieure.
    Extérieurement, l’église de Grand-Brassac a la forme d’un long rectangle de 34 mètres de longueur, 14 mètres de hauteur et 8m50 de largeur.
    Les cintres de deux des ouvertures du triplet qui ajoure le chevet, ont été taillés dans des dalles sculptées qui, par leur style et le caractère méplat de leurs sculptures, paraissent plus anciennes que l’église. L’une d’elles représente des rosaces, l’autre, deux colombes buvant dans un calice.
    Dans un panneau carré, se voient les armes d’Antoine de Montagrier, restaurateur de l’église, après les dévastations des protestants.
    La porte latérale de la face nord a reçu, postérieurement à sa construction, une décoration sculptée de l’effet le plus pittoresque. Sous un auvent en pierre, ont été réunis des fragments de diverses époques : des corbelets romans, peut être arrachés au couronnement de l’abside primitive, supportent un entablement à palmettes que recouvre un arc roman aussi richement décoré de rinceaux formant, par dessous, des médaillons occupés par les attributs des Evangélistes. Des statuettes ayant appartenu à une Adoration des mages sont abritées sous l’arc que dominent cinq figures du XIVème siècle : le Christ bénissant, adoré par la Vierge et par Saint Jean, plus bas Saint Pierre et un autre saint. Cette décoration, où la sculpture angoumoisine est évidente dans la partie romane, se compose de fragments trop dissemblables pour que l’on puisse lui attribuer une origine locale.
    De ce qui précède il résulte qu’il faut distinguer dans la construction de l’église de Grand-Brassac, trois époques, peut-être quatre.
     – la coupole du clocher et l’étroite travée qui la précède peuvent être datées de la première moitié du XIIème siècle.
    – les deux travées de la nef, du XIIIème. Le clocher peut être de la même époque.
    – le chœur, du XVIème siècle.
    Quoi qu’il en soit, comme les piles sont toutes cantonnées d’une colonne qui porte les grands arcs, comme les coupoles ont un diamètre uniforme, et une hauteur sensiblement égale, ces différences de détails de la construction n’enlèvent pas au vaisseau le curieux caractère qu’il doit à ses transformations et à sa série de coupoles.

 

  • Le Château de Montardy
    « Au couchant de Grand-Brassac, voici Montardy. C’est une vaste demeure des XVème et XVIème siècles avec des parties plus anciennes, mais aussi beaucoup de réfections modernes, un incendie ayant ravagé une aile du bâtiment qui abritait la bibliothèque en 1871.
    En gros, le château dessine aujourd’hui, une équerre de logis divers, compénétrés par des tours carrées ou circulaires. La vaste terrasse est limitée par un rempart crénelé, piqué d’échauguettes.
    La révolution fut fatale à ce château. La description qui en est faite à cette époque mentionne une grande cour, bordée d’une muraille, un vaste fossé traversé d’un pont en pierre tenant place de pont-levis, un portail en forme de portique romain dominé par des créneaux, un donjon, une tourelle, deux pavillons garnis de créneaux, un autre grand corps de logis entouré de chapiteaux en forme de galerie, autant de signes de la féodalité. Le 19 nivôse an II, il fut ordonné aux propriétaires des lieux de tout démolir à l’exception du grand corps de logis.
    Si l’architecte moderne n’avait pas à l’excès rajeuni les baies, régularisé les fantaisies des tailleurs de pierre de jadis, ce serait l’un des plus beaux châteaux de la région.
    Il est vrai que l’intérieur compense ce que les restaurations ont de décevant : il conserve un admirable mobilier ; les enfilades de salons permettent d’admirer un David, un Grimoux, un excellent portrait de Condé, de beaux portraits de famille, cependant que la chapelle conserve une Pietà de pierre, sculptée au XVIe siècle, timbrée aux armes de la famille Du Lau d’Allemans. »
    Extraits du « Périgord » de Jean Secret
    Et du « Dictionnaire des Châteaux du Périgord » de Guy Penaud

 

  • Le Château de Marouatte
    «Marouatte ou Maroitte » reste un imposant château des XVème et XVIème siècles très largement retouché à l’époque moderne.
    Dans une enceinte polygonale renforcée par quatre tours d’angle, deux terrasses sont séparées par une douve. Sur la première étaient les communs avec la Fuye ; on accédait à la seconde par un pont-levis et l’on trouvait trois tours, un donjon, une chapelle, un logis, le puits, des galeries voûtées. L’ensemble, avec ses six tours massives, était fort impressionnant tel que pouvait le dessiner de Verneilh en 1844 et 1887. Le donjon polygonal avait un collier de mâchicoulis et, au-dessus, une toiture avec des lucarnes d’un vigoureux dessin ; à côté, une galerie était portée par des arcs en anse de panier. Des mâchicoulis couraient encore sur les courtines et les tours à bossage. Bref, ce n’était déjà plus la forteresse médiévale, mais un château de plaisance.
    Depuis le XIIIème siècle, la demeure appartint aux Montagrier. Un mariage le fit passer en 1607 aux Chabot de Jarnac. L’un des premiers de ceux-ci, Guy Chabot II, eut très vite en Périgord une détestable réputation de paillardise et de férocité, d’où la légende populaire : O Mourato, lou diablé y sobato ! (à Marouatte, le diable fait sabbat !). C’est ce qui explique peut être la hâte et la rage avec lesquelles les paysans de la région s’abattirent sur la demeure dès l’aube de la Révolution. Elle devint une carrière si bien que les successifs propriétaires de la ruine n’eurent plus, au XIXème siècle, qu’à remonter, recouvrir, restaurer. On ne regrette pas moins le temps où de belles tours jaillissaient vers le ciel : la tour du Mistouflet, celle des Petites-Recettes, de l’Ecole, du Trésor, des Draps, du Pucelage, du jardin…, plaisantes appellations qui, dans leur naïveté et leur verdeur, disent encore la vie qu’on menait céans sous l’Ancien Régime.
    Extraits du « Périgord » de Jean Secret

 

  • La Famille Du Lau
    La Famille Du Lau, d’ancienne noblesse, est originaire du Béarn. Un cadet, Amanieu, s’installe en Périgord au début du XVe siècle, après avoir épousé Honorète de Saunier qui lui apporte en dot le château de La Cote (Biras). Au XVIe siècle, la famille Du Lau est divisée en plusieurs branches dont la plupart se rallient au protestantisme. Leurs terres se situent dans la vallée de la Dronne mais aussi sur les confins du Limousin et en Angoumois.
    C’est au XVIIe siècle que la branche aînée s’installe à Montardy par le mariage, en 1600, de Daniel Du Lau avec Sibille Jaubert de Saint Gelais, dame de Montardy, Allemans, Feydit et les Rivières. Un cadet hérite alors du château de La Cote où naîtra, en 1738, Jean Marie du Lau de La Cote, archevêque d’Arles, massacré à Paris, au couvent des Carmes, en septembre 1792, et béatifié en 1929.
    La branche aînée des Du Lau d’Allemans a augmenté son patrimoine au cours du XVIIe siècle. Armand, le « marquis philosophe », ami de Malebranche et de tous grands esprits de son temps, se partage entre Versailles, où il est écuyer de la reine Marie Thérèse, et Montardy puis Champniers où il meurt en 1726. Après une période d’éclipse, la famille hérite en 1761 des Beaupoil de Saint-Aulaire, seigneurs de Lanmary, Coutures, Celles, Bertric et les Chabannes en Périgord, ainsi que des terres et châteaux de Milly et d’Augerville en Gâtinais, auxquels s’ajoutent de vastes plantations à Saint Domingue. Elle vit désormais essentiellement à la Cour ou dans ses domaines proches de Paris. Avec la Révolution et la perte d’une partie de ses biens, puis la vente, au cours du XIXe siècle, des terres patrimoniales de la Cote et de celles de Lanmary, les Du Lau se recentrent sur Montardy qui est restauré à la fin du XIXe siècle dans le goût de Chantilly, appartenant au Duc d’Aumale, grand ami du Marquis d’Allemans.
    Joëlle Chevé